Kessel

Et si l’Europe avait déjà trouvé son alternative à WhatsApp ?

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De Tchap à Beam, les administrations européennes adoptent progressivement Matrix pour sécuriser leurs communications. Le Luxembourg l’a même ouvert aux citoyens et aux entreprises. Le protocole peut-il désormais sortir des cercles institutionnels et techniques ?

En tant que chercheur travaillant sur la souveraineté numérique, j’ai naturellement voulu utiliser Matrix. Le protocole réunit presque tout ce que l’on peut attendre d’une autre manière de communiquer : un standard ouvert, du chiffrement de bout en bout, la possibilité de choisir son logiciel et son serveur, ainsi qu’une architecture qui ne dépend pas d’une plateforme centrale contrôlant tous les comptes et toutes les conversations. J’ai donc créé un compte, installé Element et commencé à explorer les salons disponibles.

Pourtant, mon usage reste encore limité. Non parce que le service ne fonctionne pas, mais parce que la plupart de mes interlocuteurs habituels ne s’y trouvent pas ou n’y sont pas actifs. Une messagerie prend sa valeur dans le réseau qu’elle permet de rejoindre. WhatsApp est utile avant même d’être apprécié, simplement parce que les proches, les collègues, les responsables politiques, les journalistes, les associations et les entreprises y sont déjà présents. Matrix se heurte encore au mécanisme inverse : lorsque peu de contacts sont accessibles, on ouvre moins souvent l’application ; lorsque l’application est peu utilisée, les réponses sont moins rapides ; lorsque les conversations y sont rares, il devient plus difficile de convaincre de nouvelles personnes de s’inscrire.

Cette situation donne pourtant une image incomplète de Matrix. Derrière sa faible visibilité publique, le protocole s’installe dans les administrations, la santé, les universités et les communautés du logiciel libre. L’Europe dispose donc déjà d’un socle susceptible de réduire sa dépendance aux services centralisés. Mais les différents mondes qui utilisent Matrix se rencontrent encore peu.

Matrix n’est pas une nouvelle application

La première difficulté tient au vocabulaire. Matrix n’est pas une application comparable à WhatsApp. Il s’agit d’un protocole ouvert de communication en temps réel, lancé en 2014 et aujourd’hui gouverné par la Matrix.org Foundation. Matrix couvre la messagerie instantanée, les appels audio et vidéo et l’échange de données entre serveurs. Son ambition est souvent comparée à celle du courrier électronique : permettre à des personnes utilisant des “logiciels” et des prestataires différents de communiquer sans devoir appartenir à la même plateforme.

Element est l’un des principaux “logiciels” permettant d’utiliser Matrix, mais ce n’est pas le protocole lui-même. D’autres clients existent, notamment Element X sur mobile, FluffyChat, Fractal, NeoChat ou encore des interfaces intégrées à différents environnements. De la même manière qu’une adresse électronique peut être consultée avec Thunderbird, Outlook ou une interface web, un compte Matrix peut être utilisé depuis plusieurs logiciels compatibles.

Chaque utilisateur dépend d’un serveur d’attache, appelé homeserver. Son identifiant prend généralement une forme comme @nom:serveur.eu. Un citoyen peut créer un compte auprès d’un serveur public et utiliser Element ou Element X en quelques minutes. Une entreprise peut recourir à un hébergeur ou exploiter son propre serveur pour gérer ses utilisateurs, ses règles de sécurité et ses données.

Le parallèle avec l’e-mail aide à comprendre cette organisation. Un particulier peut ouvrir gratuitement une adresse auprès d’un fournisseur public. Une entreprise utilise généralement son propre nom de domaine, tout en choisissant son prestataire, son logiciel et parfois son infrastructure. Elle ne doit pas pour autant renoncer à communiquer avec le reste du monde. Matrix transpose cette logique fédérée à la conversation instantanée : chaque organisation peut contrôler son environnement sans devoir enfermer ses utilisateurs dans une plateforme isolée.

L’inscription individuelle reste relativement accessible, même si le choix du serveur, la forme des identifiants, la vérification des appareils et la récupération des clés demeurent moins intuitifs que l’association immédiate d’un compte WhatsApp à un numéro de téléphone. Cette différence ne relève toutefois pas uniquement d’un retard ergonomique. Elle découle aussi d’un modèle qui permet de séparer plusieurs identités, de ne pas faire du numéro de téléphone l’identifiant central et de choisir le service auquel on confie son compte. Cette liberté demande encore un effort d’appropriation, mais elle réduit la dépendance à une identité unique administrée par une plateforme mondiale.

La fédération constitue surtout la particularité de Matrix. Deux organisations peuvent administrer séparément leurs infrastructures tout en autorisant leurs utilisateurs à participer à une même conversation. Elles conservent ainsi la maîtrise de leurs comptes et de leurs serveurs sans imposer à tous les participants le même fournisseur. Cette ouverture n’est toutefois pas automatique. Une administration ou une entreprise peut désactiver la fédération publique, la limiter à des partenaires de confiance ou réserver certains salons aux utilisateurs internes.

Une adoption européenne plus avancée qu’il n’y paraît

La France fait figure de précurseur avec Tchap, la messagerie instantanée conçue et gérée par l’administration française. Fondé sur Matrix, le service annonce désormais plus de 600 000 agents publics inscrits. Une présentation donnée lors de la Matrix Conference 2025 faisait état d’environ 300 000 utilisateurs actifs mensuels au sein de cette fédération privée. Tchap permet aussi d’inviter des partenaires extérieurs dans certaines conversations, sans pour autant ouvrir aujourd’hui l’ensemble de son réseau à la fédération publique.

La France a franchi une étape supplémentaire en octobre 2025 : la Direction interministérielle du numérique est devenue le premier organisme gouvernemental à rejoindre la Matrix.org Foundation comme membre financeur. La démarche est importante. Utiliser un commun numérique sans contribuer à son entretien peut fragiliser l’infrastructure dont on devient dépendant.

Le soutien français reconnaît que la souveraineté ne consiste pas uniquement à récupérer du code, mais aussi à participer à sa durabilité.

En Allemagne, Matrix ne se limite plus à une seule administration. BwMessenger a d’abord été développé pour la Bundeswehr. Le projet a ensuite nourri BundesMessenger, destiné plus largement aux organismes publics allemands. Le protocole est également employé dans le système de santé à travers TI-Messenger, ainsi que dans des services scolaires et des suites collaboratives souveraines comme openDesk.

L’Allemagne montre ainsi comment une technologie initialement retenue pour des besoins militaires peut se diffuser vers la santé, l’éducation et l’administration civile.

La Belgique a rejoint ce mouvement en 2026 avec Beam. Développée par Belgian Secure Communications, la messagerie est réservée aux utilisateurs autorisés du secteur public belge. Elle repose sur Matrix et sur plusieurs composants issus de l’écosystème Element. Les communications et fichiers sont chiffrés de bout en bout et les données sont annoncées comme hébergées sur une infrastructure contrôlée par les autorités belges. Le déploiement doit progressivement concerner les services fédéraux, la Défense, puis d’autres niveaux de pouvoir. Il reste cependant difficile de connaître le nombre réel d’utilisateurs actifs, les administrations déjà raccordées ou la place de Beam dans les cabinets ministériels. Le potentiel annoncé, qui peut atteindre plusieurs centaines de milliers d’agents, ne doit pas être confondu avec l’adoption effective.

La Pologne utilise également Matrix dans le domaine militaire. La Suède étudie un protocole fédéré commun pour ses organismes publics, tandis que plusieurs administrations y recourent déjà. La Commission européenne expérimente elle-même un déploiement Matrix comme solution complémentaire et résiliente pour ses communications internes. L’OTAN teste, avec NI2CE Messenger, une architecture dans laquelle chaque entité ou État membre peut exploiter son propre serveur puis le fédérer avec ceux de ses partenaires pour des échanges non classifiés.

Le monde universitaire constitue un autre foyer d’adoption, particulièrement visible en Allemagne. Les universités de Cologne, Kassel, Marbourg, Fribourg, Heidelberg ou Hambourg proposent des services Matrix à leurs étudiants, enseignants, chercheurs ou personnels. Des infrastructures comme Academic Cloud permettent déjà à des établissements et instituts de recherche différents de communiquer entre eux. Ici, la fédération n’est plus seulement une possibilité théorique : elle facilite la collaboration entre équipes qui ne dépendent pas de la même université.

Les communautés du logiciel libre sont également très présentes. Mozilla, KDE, GNOME, Fedora, Ubuntu, Debian, OpenStreetMap, la Free Software Foundation Europe et de nombreux projets plus modestes disposent d’espaces Matrix. Cette implantation explique en partie l’image encore technique du réseau, mais elle montre aussi qu’une fédération ouverte peut fonctionner lorsque les participants partagent des communautés, des sujets et des raisons concrètes de se retrouver.

L’usage par les entreprises européennes reste beaucoup moins visible. Certaines peuvent exploiter Matrix dans des environnements internes sans rendre ce choix public, précisément parce que leurs besoins concernent la confidentialité, la protection des informations commerciales ou la réduction des risques d’espionnage. Les déploiements privés sont par nature plus difficiles à mesurer. Cette discrétion ne prouve donc pas l’absence d’adoption, mais elle contribue à la faible visibilité sociale du protocole.

Un commun ouvert doit aussi être financé

L’adoption de Matrix pose une question parfois négligée dans les stratégies de souveraineté : qui finance le protocole, les logiciels et les compétences nécessaires à leur maintenance ? Un code accessible ne s’entretient pas seul. Les correctifs de sécurité, la documentation, l’ergonomie et les tests d’interopérabilité reposent sur du travail humain.

Dans l’écosystème Matrix, la Foundation veille à la gouvernance du protocole ouvert, tandis que des entreprises, des communautés et des développeurs produisent les logiciels qui l’implémentent. Element occupe aujourd’hui une place importante : l’entreprise développe notamment Synapse, l’un des principaux serveurs Matrix, ainsi que plusieurs clients et composants open source. D’autres acteurs proposent leurs propres logiciels, hébergements ou prestations d’intégration.

Le financement peut être direct : contribuer à la Foundation, financer une fonctionnalité commune, affecter des développeurs au projet ou publier ses améliorations. L’adhésion de la DINUM à la Matrix.org Foundation s’inscrit dans cette logique : l’institution ne se contente plus d’utiliser le protocole sur lequel repose Tchap, elle participe à la préservation du commun.

Le financement peut aussi être indirect. L’achat d’hébergement, d’intégration, de support ou d’une version professionnelle auprès d’un éditeur qui contribue effectivement aux composants ouverts peut soutenir un travail dont bénéficie ensuite l’écosystème. Ce mécanisme n’est ni automatique ni toujours transparent : il faut examiner ce que le fournisseur maintient réellement et sous quelles licences.

Mais demander toujours davantage aux logiciels libres tout en considérant que leur développement ne devrait rien coûter conduit rarement à une autonomie durable.

Une administration pourrait internaliser entièrement son déploiement Matrix. Cette possibilité constitue une garantie précieuse, mais pas nécessairement le choix le plus efficace. Exploiter un service à grande échelle, suivre les vulnérabilités, intégrer les versions et assurer l’assistance mobilisent des spécialistes et des moyens considérables. Le recours à un éditeur privé n’est donc pas, en soi, contraire à la souveraineté si l’administration conserve la maîtrise de son architecture, de ses données et de ses choix futurs.

L’équilibre le plus robuste pourrait reposer sur trois piliers :
- un protocole ouvert et gouverné indépendamment ;
- une expertise interne permettant aux pouvoirs publics de contrôler leur déploiement ;
- enfin, un écosystème pluraliste d’éditeurs et d’intégrateurs capables de mutualiser les développements. Le secteur public ne délègue pas aveuglément sa stratégie, mais il ne cherche pas davantage à remplacer tout un marché par un logiciel administratif unique.

La capacité de changer de fournisseur devient alors un test concret. L’accès au code source ne suffit pas si aucune autre équipe ne peut reprendre l’exploitation ou si les modifications rendent toute migration irréaliste. Une architecture fondée sur un protocole commun, des standards documentés et plusieurs prestataires peut offrir de véritables options de sortie.

La souveraineté ne réside pas dans l’absence d’entreprises privées, mais dans la faculté de leur confier une mission sans leur abandonner irréversiblement le système.

Le choix initial des espaces protégés

Les administrations ont de bonnes raisons de commencer par des réseaux fermés. Elles doivent vérifier l’identité des utilisateurs, maîtriser les droits d’accès, désactiver rapidement les comptes des personnes qui quittent leur fonction et limiter les risques d’usurpation, d’hameçonnage ou d’intrusion. La Défense, la police et les services de renseignement ne peuvent évidemment pas traiter leurs communications comme celles d’une communauté publique.

Matrix permet cette fermeture. Il permet aussi une fédération limitée à des serveurs autorisés. Un utilisateur de Tchap pourrait techniquement communiquer avec un utilisateur de Beam, de BundesMessenger ou d’un autre client Matrix, à condition que les organisations concernées autorisent leurs serveurs à se connecter, reconnaissent leurs mécanismes d’identité et ouvrent la conversation aux participants extérieurs. Le cloisonnement actuel n’est donc pas une incapacité du protocole, mais un choix de configuration et de gouvernance.

Ces premiers déploiements protégés constituent probablement une étape naturelle. Ils ont permis aux administrations de tester la technologie, de l’adapter à leurs contraintes et d’atteindre des volumes importants. Le prochain défi pourrait être d’organiser les relations entre ces espaces. Tchap travaille déjà sur une ouverture contrôlée vers des collectivités françaises et d’autres partenaires européens. Le forum « Matrix for Public Sector », lancé en 2025, vise précisément à rapprocher les acteurs publics, à partager leurs expériences et, à terme, à faciliter la fédération de leurs déploiements.

Cette évolution est déterminante pour la visibilité de Matrix. Si chaque État construit une messagerie souveraine qui ne communique qu’en interne, l’Europe obtiendra une collection de systèmes sécurisés, mais pas encore une infrastructure européenne de conversation. Les agents publics continueront par ailleurs à utiliser WhatsApp, Signal ou d’autres services lorsqu’ils devront joindre des journalistes, des élus, des entreprises, des associations ou des partenaires qui ne peuvent pas entrer dans leur réseau institutionnel.

L’enjeu n’est donc pas d’ouvrir toutes les portes. Il consiste à créer plusieurs niveaux de confiance : des espaces strictement fermés pour les informations sensibles, des fédérations entre administrations identifiées, des accès contrôlés pour les partenaires professionnels et des services ouverts pour les citoyens et les organisations. Matrix a justement été conçu pour permettre cette coexistence.

Le Luxembourg, précurseur européen !

Le Luxembourg apporte ici un exemple particulièrement intéressant. Le pays ne propose pas seulement Luxchat4Gov aux agents publics. Il a également lancé Luxchat pour le grand public et les entreprises. Les deux services sont fondés sur Matrix et leur documentation prévoit leur interopérabilité grâce à la fédération. Chaque environnement conserve ses responsabilités en matière de sécurité et de gestion des données sans renoncer à la possibilité de communiquer avec l’autre.

Cette architecture change la portée du projet. Tchap ou Beam cherchent d’abord à remplacer les messageries commerciales dans le fonctionnement interne de l’État. Le modèle luxembourgeois envisage Matrix comme une infrastructure nationale susceptible de relier administrations, citoyens et acteurs économiques. Il ne supprime pas les frontières de sécurité ; il tente de les rendre franchissables dans un cadre organisé.

Il reste nécessaire de distinguer l’ambition du modèle de son adoption réelle. Les chiffres d’utilisateurs actifs de Luxchat sont peu documentés et la présence d’une application ne garantit jamais son entrée dans les habitudes quotidiennes. Le poids de WhatsApp demeure considérable, y compris au Luxembourg. Le projet montre néanmoins qu’un service gouvernemental fondé sur Matrix n’est pas nécessairement condamné au huis clos.

L’exemple mérite d’être observé au-delà de la taille du pays. Le Luxembourg dispose certes d’une population et d’un appareil administratif plus réduits que ceux de la France ou de l’Allemagne, mais il expérimente une articulation que les autres États pourraient adapter : protéger les conversations gouvernementales tout en donnant au public une porte d’entrée vers le même protocole.

Faire de Matrix une habitude citoyenne européenne, pas seulement une infrastructure

Encourager l’usage citoyen de Matrix ne signifierait pas imposer une application publique unique. Une telle centralisation reproduirait une partie du modèle que le protocole cherche justement à dépasser. Les pouvoirs publics pourraient plutôt soutenir un écosystème de serveurs et de logiciels interopérables, exploités par des administrations, des universités, des associations, des entreprises ou des prestataires européens de confiance.

Ils pourraient également rendre leurs identifiants Matrix visibles à côté de leurs adresses électroniques et de leurs numéros de téléphone, ouvrir des espaces d’information et de dialogue non sensibles, financer l’amélioration de l’expérience utilisateur et accompagner la création de comptes. Pour beaucoup de citoyens, le principal obstacle ne réside pas dans l’installation d’Element X, mais dans l’absence d’une raison immédiate de le faire. Pouvoir y contacter une administration, une université, un média, une association ou une entreprise fournirait cette première utilité.

Cette démarche contribuerait aussi à développer une autre culture de la communication numérique. Les Européens ont pris l’habitude d’associer une conversation à une plateforme : un échange appartient à WhatsApp, Messenger, Teams ou Telegram parce que tous les participants doivent rejoindre le même service. Matrix propose une représentation différente. Comme pour le courrier électronique, chacun pourrait choisir son logiciel et son hébergeur tout en restant joignable par les utilisateurs des autres services compatibles.

Il serait toutefois imprécis de présenter Matrix ou Element comme des produits de l’Union européenne. La Matrix.org Foundation est juridiquement établie au Royaume-Uni et la société mère d’Element y a son siège. Element dispose néanmoins d’équipes et d’entités en France et en Allemagne, au cœur du marché européen. L’intérêt du protocole pour la souveraineté européenne vient donc moins de l’étiquette nationale d’un fournisseur que des capacités structurelles données aux utilisateurs et aux organisations : héberger leurs services, contrôler leurs données, examiner le code, faire intervenir plusieurs prestataires et préserver l’interopérabilité. Acheter européen peut renforcer un tissu économique local, mais la souveraineté suppose également de ne pas rester captif d’un acteur unique, même européen.

Matrix n’est pas encore l’équivalent quotidien de WhatsApp pour la majorité des Européens. Son réseau public manque de densité, l’inscription demeure moins évidente et ses principaux déploiements institutionnels restent difficiles à rejoindre. Mais le protocole a franchi une étape importante : il n’est plus seulement un projet défendu par quelques communautés techniques. Des États, des armées, des universités et des institutions européennes l’utilisent déjà à une échelle significative.

La suite dépendra de leur capacité à relier ces réussites, à financer durablement le protocole comme les logiciels qui le rendent utilisable et à ouvrir des usages qui ne compromettent pas les espaces sensibles. Elle dépendra aussi des citoyens, des associations et des entreprises. Une messagerie devient utile parce que des personnes décident de s’y rendre, d’y rester joignables et d’inviter progressivement leurs interlocuteurs.

L’Europe a peut-être déjà trouvé une partie de son alternative à WhatsApp. Elle commence seulement à construire le réseau humain qui lui donnera sa véritable valeur.

Pour poursuivre cette conversation, je suis également joignable sur Matrix : @fawibe:matrix.org

Vous découvrez mon travail avec cet article ?
Je suis Fabrice Willot, chercheur, auteur et conférencier spécialisé dans la souveraineté numérique européenne, la gouvernance de l’intelligence artificielle et la culture numérique. Dans la newsletter EuroTechSouveraine, j’analyse les choix technologiques qui influencent l’autonomie de l’Europe, des organisations et des citoyens.
Et vous, qu’en pensez-vous ? On en discute sur LinkedIn avant de se retrouver ici la semaine prochaine.
Merci d’avoir lu cette édition jusqu’au bout.
— Fabrice | LinkedIn | Fabrice.Willot.eu


Sources de cet article :

Euro Tech Souveraine - une newsletter de Fabrice Willot

Par Fabrice Willot

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